30.11.2015 | Numérique - Commission
LA DIFFICILE EMERGENCE D’UNE ÉDITION NUMÉRIQUE EUROPÉNNE

France Amériques, Paris, le 23 novembre 2015.

Catherine BLACHE et Florence-Marie PIRIOU sont intervenues à l’occasion de la réunion de la Commission Numérique, le 23 novembre 215.


EXTRAITS:

Catherine BLACHE

« L’édition est le premier secteur culturel européen. Dans les dix premiers groupes d’édition mondiaux, six sont européens (essentiellement français, allemands ou anglais).

Concernant l’édition numérique, bien que l’offre soit là, la demande européenne ne suit pas encore. Les Etats-Unis comptent entre 20 et 25% de lecture numérique, l’Europe n’en compte que 10% au maximum. »

« L’Europe connaît aujourd’hui une remise en question du droit d’auteur pour plusieurs raisons: 

  • L’influence du mythe de la gratuité
  • L’effet de la crise
  • L’influence des GAFA
  • Le fait que la Commission Européenne augmente les cas d’exceptions, avec pour arguments la Modernisation et l’Intérêt public. »

« Je rejoins l’analyse que Richard Malka a développé dans son livret intitulé « La gratuité, c’est le vol  : la fin du droit d’auteur ? » (septembre 2015), pour défendre le droit des auteurs face aux projets de réformes européennes: nous sacrifions un système qui marche et qui tente sincèrement sa chance dans le numérique. »

 

Florence-Marie PIRIOU

« Depuis les années 2000, la connaissance du livre s’est numérisée.  Et dans ce processus, un net déséquilibre se dessine entre l’Europe et les États-Unis. Google a commencé son processus de numérisation des livres en 2004 et recense aujourd’hui 24 millions de livres… Tandis que l’Europe reste à la traîne, avec  15.000 livres… »

 » Les GAFA s’engagent totalement dans le marché européen, qui représente pour eux une véritable aubaine: l’Europe concentre à la fois  l’argent, le goût pour la culture et une politique européenne qui leur est favorable (que l’on pense à la position de Jean-Claude Juncker face à Amazon).  »

 » Le débat législatif et judiciaire s’articule entre les droits d’auteur d’un côté, et les libertés fondamentales – avec libre accès à l’information et à la connaissance –  de l’autre. Face à ces deux libertés, il s’agit de trouver une balance d’intérêt. C’est ici le rôle du juge. Et dernièrement, on note que ce rôle penche du côté de la liberté de l’accès au savoir: en novembre 2015, un juge européen a déclaré: « l’éditeur n’est pas titulaire de droits, donc il n’y a pas de droit de compensation en cas d’exemption »). »

LA CRISE UKRAINIENNE, POINT DE SITUATION ET PERSPECTIVES.